Après les camionnettes, les voitures électriques en pénurie ?

01 Avril 2021 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Plus tôt cette semaine, nous avons appris que certains constructeurs automobiles dont Ford, General Motors et Honda ont dû ralentir voir arrêter la production de plusieurs modèles en raison d’une pénurie de semi-conducteurs, un matériau qu’on retrouve notamment dans les micropuces qui servent à faire fonctionner les systèmes d’infodivertissement ainsi qu’une foule d’autres caractéristiques. Pour General Motors et RAM, le problème est encore plus grave puisque ces micropuces servent aussi à contrôler le système de désactivation des cylindres, ce qui permet de réduire considérablement la consommation moyenne de carburant sur l’autoroute.

Sans surprise, la situation s’est aggravée et elle touche maintenant la catégorie des véhicules électriques pour des raisons similaires, à savoir une pénurie de matériaux. Cette fois-ci, on parle d’une pénurie de moteurs pour véhicule électrique, un composant sans lequel un véhicule ne va pas très loin comme on peut le devine. Le problème touche notamment les constructeurs coréens Hyundai et Kia.

L’un des modèles les plus lourdement touchés par cette pénurie de moteurs, c’est le tout nouveau Hyundai Ioniq 5. Selon ce qu’on sait pour le moment, le constructeur coréen sera en mesure de produite au mieux 26% des véhicules attendus, soit 2 600 unités sur 10 000. On peut aussi prévoir que la situation va s’étendre au tout nouveau Kia EV6 qui a été présenté il y a quelques semaines seulement puisque ce dernier est basé sur la même plateforme que le Hyundai Ioniq 5. Heureusement pour Genesis, on ne propose pas encore de véhicules à motorisation électrique, ce qui veut dire que la division de luxe du groupe Hyundai est épargnée pour le moment, mais ce n’est qu’une question de temps avant que ce dernier ne se lance lui aussi dans la production de modèles électriques.

Une année qui s’annonce difficile

Inutile de vous dire que l’industrie automobile a connu toutes sortes de rebondissements depuis le début de la pandémie et malgré une année 2020, le bilan est loin d’être aussi grave qu’on l’avait prédit pour les constructeurs automobiles à l’époque. Or, le fait que la crise persiste n’est pas une bonne chose puisque cela implique que des mesures doivent être imposées pour contenir et passer au travers de ce virus qui, malheureusement, semble toujours évolué. Nous avons dû changer nos habitudes de consommation et même si ce n’est plus aussi facile qu’avant d’acheter une automobile dans un concessionnaire, c’est encore possible. En revanche, pouvoir vendre un véhicule c’est une chose, mais de pouvoir en produire ça en est une autre et c’est ce qui nous inquiète pour la prochaine année.

Il faut savoir que les véhicules modernes sont composés de dizaines de milliers de pièces différentes et parfois, il suffit d’un seul élément manquant pour retarder, voir arrêter la production et c’est ce qu’on vit actuellement avec la pénurie des semi-conducteurs. Ainsi, on peut s’attendre à ce que d’autres fournisseurs soient, eux aussi, dans l’obligation de fermer temporairement leurs usines dans les prochaines semaines, ce qui pourrait causer des délais supplémentaires dans la production de nouveaux véhicules. Ultimement, les conséquences de cette situation pourraient se répertorier dans la valeur des véhicules d’occasion puisque la majorité des acheteurs vont devoir se diriger vers cette option pour changer de véhicule et on a déjà pu observer une augmentation substantielle du prix des véhicules d’occasions dans les dernières semaines.  Si vous voulez un véhicule neuf, il faudra peut-être vous attendre à payer le prix indiqué dans la vitre et même davantage puisque l’offre a déjà considérablement diminué. Enfin, cette tendance suit un peu celle qu’on observe à l’heure actuelle dans le marché de l’immobilier où le prix des propriétés a explosé alors que les matériaux pour effectuer des rénovations ou une nouvelle construction ont presque triplé dans certains cas au cours des derniers mois seulement.



Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER