Bugatti racheté par Rimac?

   22 Septembre 2020 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Au point où nous en sommes, je crois que ce n’est un secret pour personne, mais tout porte à croire que la marque Bugatti serait à vendre et que Rimac serait le principal intéressé pour en effectuer l’achat. En fait, il s’agirait d’une transaction plutôt atypique puisque Rimac donnerait des actions au groupe Volkswagen en échange de la prestigieuse bannière. Il faut savoir que Bugatti appartient à Volkswagen depuis 1998 et le groupe a investie plusieurs millions de dollars (pour ne pas dire gaspillé) afin remettre la marque en marche. Malgré le prix ridiculement élevé de ses voitures. Bugatti perd techniquement de l’argent pour chaque vente, ce qui est plutôt ironique. Enfin, certains s’accordent pour dire que le groupe Volkswagen conçut la Veyron et la Chiron uniquement pour prouver au reste du monde qu’il pouvait construire la voiture de production la plus rapide qui soit.

Fondée en 1909 par Ettore Bugatti, Bugatti automobile est l’un des plus anciens constructeurs automobiles encore en fonction aujourd’hui. La marque a toujours été réputée pour ses avancées technologies et le caractère ambitieux de ses voitures, une vision que la Chiron illustre parfaitement bien aujourd’hui avec ses 4 turbocompresseurs, ces 16 cylindres et ses 1500 chevaux, des caractéristiques qui l’éloigne particulièrement de la définition moderne d’une automobile standard.

Un mouvement stratégique

Bien que légendaire, la marque Bugatti n’apporte que très peu au groupe Volkswagen puisqu’elle ne partage pas sa mécanique et ses technologies avec les autres modèles du groupe. Toutefois, on sait que le constructeur allemand veut s’imposer dans le segment des véhicules électriques et Rimac est l’une des entreprises de ce genre les plus florissantes à l’heure actuelle. Bref, le groupe Volkswagen ressort clairement gagnant de cet échange puisqu’il pourra mettre à profit les technologies de Rimac dans plusieurs de ses véhicules.

De son côté, Rimac gagne une marque déjà éprouvée et particulièrement apprécié sur la scène automobile, ce qui aura certainement des bénéfices à court terme pour son image, mais aussi pour mettre à l’essai ses technologies électriques en matière de performance. Au cas où vous ne le saviez pas, Volkswagen aurait dû trouver une solution pour remplacer la mécanique de la Chiron de toute façon, car cette dernière ne répondra plus aux normes en matière d’émissions de gaz à effet de serre à partir de 2025, ce qui veut dire que la remplaçante de la Chiron aurait dû emprunter sa mécanique à un autre modèle de la gamme Volkswagen. Inutile de vous dire qu’il y a de fortes chances pour que la prochaine Bugatti soit dotée d’une motorisation 100% électrique, ce qui n’est pas une mauvaise chose au final à mon avis.

D’abord, il y a le son… Si vous n’avez jamais entendu une Bugatti en personne, vous ne manquez pas grand-chose. On pourrait croire que 16 cylindres hurlent aussi fort qu’une meute de loups et qu’une famille de lion en même temps, mais c’est loin d’être le cas. La Chiron nous surprend surtout par la vélocité de ses accélérations. Ainsi, le fait qu’elle soit propulsée par une motorisation 100% électrique ne changerait pas grand-chose à l’impression que nous laisse la voiture et je crois même que l’expérience pourrait être améliorée. Je crois qu’il est essentiel de se rappeler que nous n’en sommes encore qu’au début en matière de voiture électrique de performance. Des chiffres comme celui du futur GMC Hummer où on annonce plus de 1000 chevaux et 11 000 livres-pied de couple, sont encore plus ridicules que ceux de la Bugatti Chiron à mon avis, mais qui sait, peut-être que ça sera la norme un jour et c’est ce qui nous amène à Rimac et Bugatti. Si General Motors est capable de produire une camionnette de ce genre, pouvez-vous seulement vous imaginer ce qu’une entreprise spécialisée dans la conception de voiture électrique pourrait faire avec une marque comme Bugatti. Bref, je ne sais pas pour vous, mais je suis impatient de connaître la suite de l’histoire de mon côté.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER