Canada : fini les véhicules à essence après 2035

02 Janvier 2024 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Alors que les ventes ralentissent et que la production est pratiquement à l’arrêt pour la majorité des modèles électriques, le gouvernement canadien, lui, croit toujours en son projet d’interdire la vente de véhicule à essence un jour. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement nous fait part de ses intentions, mais nous avons désormais une idée plus claire de son plan.

 

Si le gouvernement canadien vise l’interdiction de vente de véhicule à essence d’ici 2035, la transition ne sera pas radicale. Il s’avère que les constructeurs ont déjà des objectifs de ventes de véhicules électriques à atteindre, et ce, dès 2026. Ainsi, à partir de ce moment, les constructeurs devront vendre au moins 1 modèle électrique sur 5 véhicules vendus.

 

Dans les deux sens

 

Bien entendu, le gouvernement ne donne pas la mission aux constructeurs automobiles de réaliser un tel exploit seul. Il faut des incitatifs et de meilleures infrastructures pour que les gens achètent des véhicules électriques, cela va de soi. C’est pourquoi le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, propose de nouvelles normes.

 

Le Canada trop sévère?

 

Dès 2026, les constructeurs automobiles devront accorder au moins 20 % de leurs ventes aux modèles électriques et ce chiffre grimpera progressivement année après année. En 2030, il leur faudra vendre plus de 60 % de modèles électriques et la pente sera de plus en plus abrupte par la suite jusqu’à atteindre les 100 % en 2035.

 

Le gouvernement canadien a décidé d’adopter une forme de système de crédit pour chaque véhicule vendu. Les manufacturiers qui n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs seront sévèrement punis d’avec une perte de crédit d’une valeur de 20 000 $ pour chaque véhicule vendu en dessus du seuil demandé.

 

Les petites lignes

 

Comme dans tout bon projet gouvernemental, il y a des petits caractères que les médias ont parfois tendance à oublier. On parle beaucoup de véhicule 100 % électrique, mais ça n’est pas tout à fait vrai. Les véhicules hybrides rechargeables font aussi partie de l’équation. Les modèles offrant plus de 79 kilomètres d’autonomie en mode 100 % électrique vont compter pour un crédit ou presque. Toutefois, les ventes de véhicules hybrides rechargeables ne devront pas dépasser le seuil des 10 %.

 

Ma plus grande crainte dans tout ça, c’est que certains manufacturiers se mettent à bouder le Canada en raison de ses mesures radicales. Il faudra faire preuve de patience pour voir si le gouvernement canadien proposera d’autres solutions à moyen terme.

 

Jean-Sébastien Poudrier