Conseil d’achat : mon véhicule a des problèmes, dois-je le vendre?

   18 Mai 2020 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Au cours de ma carrière dans l’automobile, j’ai eu affaire à cette situation trop souvent. Un client arrive du département du service, car son véhicule a des problèmes et il n’a plus confiance en ce dernier. Le client en question souhaite donc remplacer un modèle qui est encore couvert par la garantie du manufacturier par un modèle neuf. Je vous épargne la suite, mais, au final, le client a tellement peur de retourner vers son ancien véhicule qu’il est capable de se convaincre d’encaisser une perte de plusieurs milliers de dollars qu’il va tout simplement refinancer sur le nouveau véhicule.

Dans cette situation, précise, mieux vaut prévenir que guérir et je dis ça dans la mesure où les garanties prolongées sont là exactement pour ce genre de situation. De grâce, si vous financez un véhicule sur 7 ou 8 ans dont la garantie « parechoc à parechoc » n’est que de 3 ans, ayez au moins l’amabilité de considérer une extension de garantie pour couvrir 70% du terme de financement ou plus, surtout si vous vous identifiez au client du premier paragraphe. Mieux vaut payer quelques milliers de dollars maintenant que d’en perdre plus d’une dizaine dans 3 ans parce que vous savez que la garantie de votre véhicule arrive bientôt à terme. Bref, faites vos devoirs!

L’après-garantie

Que vous ayez un modèle récent ou un véhicule âgé de plusieurs dizaines d’années, je ne vous recommande pas de le vendre si ce dernier a des problèmes à moins que vous soyez en mesure de bien les documenter ou qu’ils s’agissent de réparations mineures. Dans la mesure où vous souhaitez vendre votre véhicule à un particulier, les problèmes peuvent repousser un grand nombre d’acheteurs. De plus, vous serez plus enclin à vous laissez négocier à la baisse ne sachant peut-être pas que les problèmes en question auraient pu être réglés pour nettement moins que le rabais qu’on vous demande. Néanmoins, la chose la plus importante reste la documentation. Peut-être que vous n’êtes pas au courant, mais si vous vendez un véhicule avec des problèmes que vous avez omis de déclarer, le nouveau propriétaire a certains recours contre vous. Bref, c’est une situation dans laquelle vous ne voulez certainement pas vous retrouver. Donc, si votre véhicule a des problèmes assurez-vous de le mentionné et surtout d’ajuster votre prix en conséquence dès le départ.

Un élément de négociation puissant

L’art de la négociation est quelque chose qu’il n’est pas donné à tout le monde de maitriser lorsqu’on achète un nouveau véhicule, mais s’il y a quelque chose qui peut vous aider à améliorer votre transaction, c’est votre véhicule d’échange. Généralement, les personnes qui s’occupent de l’évaluation des véhicules dans les concessionnaires ont les sens très aiguisés et savent détecter les problèmes typiques des voitures. Ces derniers ont tendance à être plus prudents qu’optimistes et c’est pour cette raison que le moindre détail qui ne leur plait pas peut jouer contre vous et se refléter dans la valeur qu’on vous donnera pour votre véhicule d’échange. Qu’il soit question d’une jante manquante, de la climatisation qui ne fonctionne pas ou tout simplement d’une poignée de porte qui ne fonctionne pas, l’évaluateur verra chaque défaillance comme une négligence de votre part. Ce n’est pas là une règle absolue et dans certains cas, les réparations nécessaires peuvent largement excéder l’augmentions possible en valeur du véhicule, mais dans tous les cas, vous serez en meilleure position pour négocier la valeur de votre véhicule d’échange si celui-ci est dans un état favorable.  

Il est certain que l’état d’un véhicule à un grand impact sur sa valeur, mais il y a plusieurs autres facteurs à tenir en compte. Néanmoins, vous ne devriez jamais vendre votre véhicule lorsque ce dernier a des problèmes, mais vos chances d’être émotifs sont plus grandes et au bout du compte, c’est ce qui a une incidence sur votre portefeuille. Trop de gens ont l’impression que les problèmes qui sont réparés sous garantie diminuent la valeur d’un véhicule alors que ce n’est pas du tout le cas. Il arrive que certains véhicules soient de véritable citron et lorsque c’est le cas, les manufacturiers font généralement face à des recours collectifs majeurs. Il est possible que vous tombiez dans les quelques malchanceux qui vont avoir des problèmes atypiques avec un véhicule, mais c’est justement pour cette raison que les garanties existent. Si les problèmes semblent récurant même après la fin de la garantie, c’est à ce moment que la décision de changer un véhicule problématique est la plus logique. Dans les autres situations, privilégier toujours la réparation et la remise en état avant tout.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER