Conseil d’achat : tout savoir sur la « balloune »

   28 Juillet 2019 PAR Jean-Sébastien Poudrier

La manière dont on achète une automobile a considérablement changé dans les dernières années et s’il y a une chose que la majorité des acheteurs redoute, et avec raison, c’est le terme «balloune» comme on l’utilise dans le jargon des concessionnaires. Pour ceux et celles qui ne savent pas ce qu’est une «balloune», il s’agit simplement de la différence entre ce que vaut votre véhicule et ce qu’il vous reste à payer sur le prêt de ce dernier lorsqu’il est question d’équité négative. Par exemple, s’il vous reste 20 000$ à payer sur votre prêt auto et que votre véhicule ne vaut que 9 000$, vous avez une « balloune » de 11 000$, c’est aussi simple que ça.

Il y a plusieurs mythes et plusieurs choses à savoir sur cette fameuse « balloune », mais dans tous les cas, c’est un phénomène très réel qu’il n’y a pas lieu de prendre à la légère. C’est d’ailleurs un sujet que les acheteurs cherchent à éviter alors qu’on devrait en être pleinement conscient et surtout, savoir comment éviter de se retrouver dans une situation où on doit malheureusement ajouter cette « balloune » sur le financement de notre prochain prêt automobile.

De « balloune » à « montgolfières »

Croyez-le ou non, mais j’ai déjà personnellement vu des gens ajouter une « balloune » de plus de 30 000$ sur le financement d’une automobile. À pareil somme, on commence à entendre le terme « montgolfières », ce qui n’est clairement pas bon signe. Néanmoins, le pire dans tout ça, c’est que la majorité des acheteurs préfère vivre dans le déni et c’est là la plus grande erreur qu’on puisse faire. D’ailleurs, inutile de vous dire que certains concessionnaires le savent très bien et profitent malhonnêtement de la situation.

Pour bien comprendre cette fameuse « balloune », il faut savoir comment on la cultive et croyez-moi, ce n’est pas avec du soleil et de l’eau. Tout à l’heure, je vous ai parlé de déni. La première erreur que font les acheteurs, c’est d’abord de financer leur véhicule sur un terme trop long, car l’objectif est toujours d’atteindre le plus petit paiement possible. Or, on oublis souvent que la garantie du véhicule est généralement moins longue que le financement, car certains manufacturiers vous offrent du financement jusqu’à 8 ou même 9 ans, ce qui correspond généralement à 4 ou 5 ans après la fin d’une garantie pour un véhicule. Et là, je vous laisse figurer le scénario puisqu’à la base, l’acheteur recherche le plus petit paiement pour s’offrir le véhicule le plus équiper possible selon ces moyens, c’est-à-dire l’argent qu’il lui reste après dépenses et loyer pour chaque paie. Ainsi, comme cet acheteur vit d’une paie à l’autre, lorsqu’un bris de plusieurs milliers de dollars survient, il n’a généralement pas les moyens de faire réparer son véhicule et c’est là qu’il la remplace pour le nouveau modèle. Parfois, un acheteur peut avoir les moyens de réparer son véhicule, mais il le remplace tout simplement par manque de confiance en ce dernier ou parce que les besoins changent. Bref, peu importe la raison qui vous pousse à changer votre véhicule, si vous le faites trop tôt, c’est là que vous allez entrer dans le cycle de la « balloune ». Pour vous, donnez une idée de la chose, si vous financez un véhicule sur 5 ans, vous devriez être en position d’équité (aucune balloune) après 3 ans avec une utilisation normale, soit 20 000 kilomètres par année et aucun accident. En revanche pour un financement de 8 ans, il faut compter presque 7 années avant d’arriver en position d’échange sans « balloune ».

Une question de perception

Il est certain que si vos besoins l’exigent et que vous êtes parfaitement conscient du fait que vous créez une « balloune » volontairement, ce n’est pas un problème en soit, à condition que ça ne devienne pas chronique et c’est là que les choses se gâtent pour la majorité des acheteurs. D’ailleurs, certains concessionnaires sont assez habiles pour jouer avec les chiffres de manière à vous faire croire que la « balloune » pour votre échange est moins grande qu’en réalité. Dans tous les cas, si vous voulez éviter de vous faire flouer, je vous conseille fortement de bien étudier le marché et surtout d’ouvrir les yeux sur votre situation. Parfois, si ça parait trop beau pour être vrai, c’est probablement le cas.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER