Covid-19 : des réouvertures d’usines à l’horizon

   27 Avril 2020 PAR Jean-Sébastien Poudrier

On peut dire que la crise de la Covid-19 a eu un impact majeur sur l’industrie de l’automobile jusqu’à maintenant en forçant l’arrêt de la majorité des grandes usines à travers le monde. Il faut savoir que près de 1 emploi sur 7 est directement ou indirectement relié à l’industrie de l’automobile, ce qui veut dire que cette dernière influence beaucoup la manière dont la suite des choses va évoluer. En fait, je crois qu’il est clair pour tout le monde que plus tôt les grandes usines vont rouvrir et mieux ça sera pour l’économie mondiale.

Quelques constructeurs automobiles ont déjà fait des annonces officielles à ce sujet comme c’est le cas pour Ford qui a mentionné vouloir rouvrir ses usines nord-américaines dès le mois de mai sans pour autant préciser de date. Il faut dire que le constructeur travaille actuellement sur le développement de mesure qui devrait être suffisamment radicale pour garantir la sécurité des employés en limitant les risques de propagation. Ford a dévoilé la semaine dernière qu’il lui restait suffisamment d’argent pour continuer à opérer jusqu’au mois de septembre 2020 et le constructeur américain fait probablement partie de ceux qui sont dans la meilleure position. Il est donc essentiel pour la survie des grands constructeurs automobiles que la production redémarre le plus rapidement possible.

Pour permettre la réouverture de ses usines, Ford travaille sur le développement de bracelets de sécurité qui vont émettre une vibration lorsque les travailleurs sont trop près les uns des autres. Cette mesure s’ajoute à celle qui obligera la majorité des travailleurs à porter des gants et des masques. Sans compter que le constructeur américain a mis sur pied un système d’enquête quotidienne jumelé avec une caméra à imagerie thermique pour détecter les employés qui pourrait éventuellement faire de la fièvre.

De son côté, General Motors est aussi en faveur pour l’utilisation d’une caméra à imagerie thermique pour identifier les travailleurs qui pourraient potentiellement être malades. Ce genre de système pourrait être installé à l’entrée des usines afin d’éviter que des travailleurs infectés entrent à l’intérieur.  

Chez Ferrari, on est moins radicale, mais on reste certes prudent puisque le constructeur italien propose des tests sanguins sur une base volontaire à ses employés.

FCA, Honda et Toyota, eux, veulent reprendre la production dès la première semaine du mois de mai 2020. FCA n’a pas de mesure particulière si non l’utilisation de gants et de masques comme c’est le cas pour la totalité des autres manufacturiers.

Un plan B?

Rappelons que la majorité des constructeurs automobiles ont fermé leur usine d’Amérique du Nord au début mars et dans certains, car on parle même de février. Honda a été l’un des premiers constructeurs a emboîté le pas et c’est d’ailleurs, ce qui lui a permis de planifier sa réouverture plus rapidement que les autres.

Il faut savoir que les grandes usines nord-américaines ne sont pas toutes hors fonction à l’heure actuelle puisque nombreux sont les constructeurs qui produisent du matériel médical comme c’est le cas de Ford et General Motors avec les respirateurs. Toutefois, ce n’est pas un apport sur le plan financier et c’est pour cette raison que les constructeurs veulent reprendre la production de véhicule le plus rapidement possible.

Maintenant, ce qu’on peut se demander, c’est comment la situation va évoluer et surtout comment le tout va influencer la production d’automobile. Vous savez, avant de produire des véhicules, les constructeurs établissent d’abord des objectifs de ventes, mais la crise de la Covid-19 va probablement affecter la manière dont les acheteurs vont se procurer des véhicules et certains experts prévoient un redémarrage assez difficile à ce chapitre, car les gens ont tendance à limiter leur achat après une situation de crise. Bref, on peut s’attendre à ce que les constructeurs automobiles réduisent considérablement leur objectif de production pour cette année, ce qui veut dire que des milliers de travailleurs pourraient être mis à pied à la fin de cette crise ce qui n’est certes jamais une bonne nouvelle. Enfin, il est encore trop tôt pour avancer quoi que ce soit et on ne peut certainement pas prévoir ce qui va se passer une fois le retour à la « normale », mais chose certaine, ça va prendre un certain temps. D’ailleurs, on ne peut actuellement rien prévoir à ce niveau puisque ne sait toujours pas quand la crise va se terminer exactement. Il ne reste plus qu’à espérer qu’une 2e vague ne frappe pas l’Amérique du Nord, ce qui risquerait de prolonger encore davantage les mesures de quarantaine ou du moins, une partie de ces dernières.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER