Covid-19 : les ventes en chute de 45% au 2e trimestre

   20 Juillet 2020 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Malgré les apparences, il semble que le marché de l’automobile soit encore loin d’un retour à la normale puisque le 2e trimestre de 2020 s’est soldé avec une baisse de 45% par rapport à l’an dernier, et ce, pour l’ensemble du Canada. Enfin, en réalité on parle plutôt de 44.7%, mais je crois que vous avez compris que la situation est à prendre au sérieux et la principale cause de cette baisse reste assurément la crise de la Covid-19 qui se gère un peu différemment en fonction des provinces, mais tous les grands centres urbains ont un peu été touchés de la même manière.

Une fausse impression

Comme bien des curieux, je me suis baladé d’un concessionnaire à l’autre pour y mesurer l’achalandage lorsque de la réouverture des premiers établissements et j’ai été forcé de constater qu’il y a avait du monde. Or, il faut comprendre que ce n’est pas tout le Québec qui a bénéficié du même luxe, car la grande région de Montréal, elle, a été plongée dans le gel plus longtemps que les autres. C’est après avoir discuté avec certains concessionnaires que j’ai malheureusement compris qu’une grande partie des clients provenaient surtout de l’extérieur de leur région respective. Au final, les établissements qui ont ouvert en premier ont bénéficié d’une certaine période de grâce si on peut dire, mais dès que Montréal a permis la réouverture de ses commerces, le marché s’est rééquilibré.

Je crois que l’accalmie des semaines précédant la réouverture des commerces à changer notre manière de voir les choses et ce qu’on considère maintenant comme un niveau d’achalandage élevé est en réalité inférieure à la moyenne si on compare le tout à l’an dernier. Bref, tout ça pour dire que même si les concessionnaires ont été occupés, les chiffres sont là pour démontrer qu’il y a encore un énorme manque à gagner par rapport à l’an dernier.

Des constructeurs moins chanceux

Malheureusement, certains constructeurs ont été plus fortement touchés que d’autres et c’est notamment le cas de Jaguar et Land Rover qui ont connu une diminution des ventes de 67.5% lors du Q2. Chez Mitsubishi, on parle d’une réduction de 58% et chez Nissan 57.3%. De son côté, Ford a du encaissé une parle de 44.8% et on parle de 46.8% chez FCA. Heureusement, General Motors semble avoir mieux surmonté la situation que ses rivaux puisque le groupe de manière générale a connu une diminution moyenne de 35.5%, ce qui reste certainement catastrophique. Cadillac a été la marque du groupe la moins touché avec des pertes de seulement 9.6%. Difficile de dire pour quelles raisons General Motors a subi des conséquences de la Covid-19 moins extrêmes que les autres. Qui sait, peut-être que le constructeur américain a adopté une meilleure stratégie au niveau des ventes en ligne.

Toutefois, on doit se rassurer du fait que la diminution moyenne du Q2 est loin d’être aussi dramatique qu’elle ne le laisse croire puisque le mois d’avril à lui seul affecte les statistiques avec une baisse de 74%. Ainsi, pour arriver à une baisse de 45% pour le Q2, il faut que le mois de mai ainsi que le mois de juin aient connu de meilleurs résultats. Bref, tout ça pour dire que les mois à venir se veulent rassurants pour le marché de l’automobile de manière générale, mais je crois qu’il ne faut tout de même négliger le fait que la situation est loin d’être réglée. D’ailleurs, pour certains constructeurs comme Nissan et Mitsubishi, il est trop tard, car le mal a déjà été fait et ces derniers ont encaissé des pertes si lourdes qu’ils doivent littéralement restructurer l’ensemble de leur entreprise pour survivre. Même Toyota a mentionné qu’il devra réduire le nombre maximal de véhicules produits pour l’Amérique du Nord cette année pour arriver à passer au travers de cette crise.

Certains constructeurs sont assez silencieux sur le sujet, mais je suis persuadé que bon nombre d’entre-deux sont à quelques mois, voire quelques semaines de devoir prendre des mesures irréversibles si les choses ne s’améliorent pas. Enfin, entre vous et moi, je suis persuadé que le marché de l’automobile tout entier a changé maintenant, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose puisque nous avons fait un bon de 20 ans dans le futur dans un sens grâce au magasinage en ligne.

Une fois que nous aurons les résultats du Q3, nous serons en mesure de vous dire quel est l’impact de la crise de la Covid-19 sur le marché actuel puisqu’il s’agira du premier trimestre où tous les concessionnaires ont pu être ouverts.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER