Covid-19 : Mazda doit emprunter 2.8 milliards

   20 Mai 2020 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Si le gouvernement peine à supporter les petites entreprises qui connaissent de lourdes pertes en raison de la crise de la Covid-19, les grandes entreprises nous montrent elles aussi qu’elles sont loin d’avoir les reins aussi solides qu’on aimerait le croire. Disons simplement que lorsqu’un constructeur automobile de la taille de Mazda doit faire appel à une aide financière externe, c’est que les choses ne vont pas très bien. Et n’allez pas croire que c’est un cas isolé, car la majorité des grands constructeurs automobiles sont dans une situation très précaire à l’heure actuelle. C’est même le cas pour la Ford Motor Company qui a récemment mentionné avoir juste assez d’argent dans ses coffres pour tenir jusqu’au mois d’octobre.

La situation n’est facile pour personne en ce moment et il y a fort à parier que l’industrie automobile va changer de manière radicale lorsqu’on va commencer à se remettre de cette crise. Néanmoins, pour s’en remettre, il faut commencer par passer au travers et pour ce faire, Mazda doit emprunter la somme colossale de 2.8 milliards de dollars. Pour se faire, le constructeur japonais a fait appel aux 3 plus grandes banques du Japon.

Une situation prévisible

Comme c’est le cas pour bien des constructeurs automobiles, la crise de la Covid-19 n’a été que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Bref, tout ça pour dire que les affaires ne tournaient déjà pas très bien chez Mazda avant toute chose et c’est peut-être ce qui fait en sorte que le constructeur japonais demande aujourd’hui une aide aussi importante. D’ailleurs, plusieurs experts croient que le constructeur japonais va devoir procéder à une restructuration majeure de ses opérations et de sa gamme lorsque la situation sera revenue à la normale si une telle chose arrive un jour. Donc, comme c’est le cas pour Nissan qui en a fait l’annonce au début du mois dernier, je crois qu’on peut aussi s’attendre à ce que Mazda réduise le nombre de modèles disponibles dans sa gamme afin de se concentrer sur ceux qui sont plus populaires.

Trop de variété

Comme nous venons de le mentionné, certains constructeurs automobiles ne sont pas très en forme sur le plan financier, et ce, depuis bien avant la crise de la Covid-19. D’ailleurs, je crois que nous n’avons jamais autant vu de fusion des manufacturiers que dans les 10 dernières années. Ces fusions servent à partager les coûts de production pour les différents modèles que proposent les manufacturiers et surtout les coûts de développement des technologies. Tout ça, c’est un peu votre faute finalement, les consommateurs, puisque vous exigez de plus en plus d’options et de choix, mais il y a une limite à la variété. Si certains modèles sont très rentables pour des constructeurs automobiles, d’autres sont des pertes d’argent prévisibles, mais les constructeurs continuent de les offrir pour ne pas offenser ses adeptes, mais aussi parce qu’abandonner n’est jamais une option sur le plan financier, surtout lorsque le projet en question a déjà couté très cher et qu’on peut en diminuer l’impact en effectuant quelques ventes.

Je ne suis pas devin et j’ai encore moins une boule de cristal entre les mains, mais je crois qu’on peut s’attendre à une extinction massive de véhicules dans les années à venir, une extinction qui a d’ailleurs déjà commencé dans les dernières années. Néanmoins, je ne suis pas surpris si les gammes de véhicules des constructeurs actuels ressemblent à ce qu’on propose du côté de chez Tesla d’ici 10 ou même 5 ans seulement. Peut-être que les manufacturiers vont devoir se contenter de 5 ou 6 modèles différents. Enfin, je dis les manufacturiers, mais c’est surtout les consommateurs qui vont en payer le prix d’une certaine façon puisque l’époque où vous aviez le choix entre 3 ou 4 véhicules très similaires sous une même bannière est probablement terminée.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER