Covid-19 : un recul des ventes important au mois d’avril

   12 Mai 2020 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Même s’il était (techniquement) possible de se procurer un nouveau véhicule pendant le confinement total en avril, je crois que c’est un mois que les constructeurs, mais surtout les concessionnaires automobiles vont très certainement vouloir oublier, et ce, pas uniquement en Amérique du Nord. Par exemple, les ventes ont chuté entre 77% et 88% en France le mois dernier, mais ça reste tout de même positif comparativement au bilan de l’Inde par exemple qui n’a vendu littéralement aucun véhicule.

Disons simplement que les commerçants automobiles du Québec avaient particulièrement hâte de reprendre les affaires et même si les choses sont loin d’être de retour à la normale, les propriétaires de concessionnaires sont très optimistes. D’ailleurs, j’ai moi-même pu constater que l’achalandage était particulièrement élevé dans les concessionnaires dans cette première semaine d’ouverture.

Pour ce qui est du Québec, on parle d’un recul de 74.6% des ventes automobiles au mois d’avril, ce qui est monumental, car les variations normales d’une année à l’autre sont de quelques pour cent. En fait, il s’agit du pire mois d’avril de l’histoire de l’automobile, rien de moins, et ça, c’est quelque chose dont on va parler longtemps, croyez-moi.

Grâce au Magazine Automotive News, nous avons pu apprendre que seulement 45 833 unités ont été vendues au Canada le mois dernier, soit 134 783 unités de moins que l’an dernier. Toutefois, ce n’est là qu’une estimation puisque les chiffres de ventes officiels seront dévoilés au mois de juillet, soit à la fin du trimestre actuel. Heureusement, la reprise des affaires pour la majorité des concessionnaires du Québec au mois de mai risque d’améliorer les statistiques pour le trimestre actuel.

Une période cruciale

Si les concessionnaires ont redémarré leurs activités pour la majorité, c’est aussi le cas pour les usines nord-américaines et un peu partout ailleurs dans le monde. Néanmoins, les dirigeants des grandes marques se montrent très prudents et mentionnent qu’ils peuvent arrêter la production à tout moment si nécessaire. Ainsi, il faut surveiller ça de près, car s’il n’y a pas de production de véhicule neuf, les concessionnaires risquent de se retrouver avec un autre problème sur les bras. Le fait d’être limité dans ses actions pour vendre un véhicule c’est une chose, mais le fait de ne plus avoir de véhicule à vendre du tout, ça, c’est quelque chose qui pourrait être catastrophique. Je me souviens d’une situation où la majorité des concessionnaires Ford du Québec avait manqué de F-150 de nouvelle génération en 2015 et ça avait causé une importante chute dans les statistiques de ventes, car c’est un modèle très populaire. Ainsi, si la production de véhicule se voit arrêtée à nouveau, vous pourriez être contraint de choisir un véhicule déjà produit et si cette situation dure trop longtemps, les meilleures options vont partir en premier.

Néanmoins, je crois qu’il n’y a pas matière à s’alarmer, car pour l’instant, la production recommence et les concessionnaires ont encore beaucoup de véhicules en inventaire, mais il suffit de quelques mois supplémentaires de quarantaines et la situation pourrait être totalement différente.

Au final, on peut aussi se poser la question à savoir si la vente de véhicule va un jour redevenir ce qu’elle était et je crois sincèrement que non. Si vous voulez mon avis, la peur d’être contaminé est quelque chose qui est maintenant ancré solidement dans nos mœurs et ça va considérablement changer la manière dont on se procure un véhicule neuf dans l’avenir. Pour le moment, le seul moyen de se rendre en concession pour effectuer un achat, c’est par l’entremise d’un rendez-vous et je ne vous parle même pas de toutes les mesures d’hygiène qu’il faut prendre sur place.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER