Drift dans un stationnement privé : légal ou pas ?

   09 Décembre 2020 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Voilà une question dont la réponse risque d’en surprendre plus d’un. Je crois que nous sommes tous d’accord pour dire que le dérapage contrôlé, que nous appelons plus communément le « drift » est une discipline qui devrait se limiter aux pistes conçues à cet effet. Avant de commencer à vous parler de ce qui est légal ou pas, j’ai 2 scénarios poux vous et je vous laisse deviner ce qui est légal ou non ici.

Scénario 1

Comme vous le savez probablement, cette période de l’année semble réveillée les pilotes professionnels qui sommeillent à l’intérieur de certain passionné d’automobiles qui prennent les routes enneigées d’assaut en se pensant dans un vidéo-clip de Gymkhana à la Ken Block.

Scénario 2

Dans le second scénario, un conducteur qui vient de se procurer un nouveau véhicule veut tout simplement étudier le comportement routier de ce dernier en situation de dérapage et il se rend dans le stationnement de son épicerie locale pour le faire.

Si le scénario 2 semble nettement plus raisonnable que le premier, il n’en demeure pas moins illégal pour autant. Au cas où vous ne le saviez pas, il existe un article du code de la sécurité routière spécialement prévu à cet effet et il s’agit de l’article 327 qui précise que tout comportement qui est susceptible de mettre e péril la vie ou la sécurité de personnes ou d’une propriété et qui se distingue du comportement d’une personne raisonnable est passible d’une amende, et ce, autant sur la route que dans un chemin privé autorité à sa circulation publique ou les terrains autorisés à la circulation comme celui d’un centre commercial ou d’une église. En résumé, si le comportement jugé raisonnable à cet endroit est de rouler à moins de 10 kilomètres par heure en ligne droite pour vous trouver une place de stationnement ou en sortir, il n’est clairement pas raisonnable de traverser la moitié du stationnement à 40 kilomètres par heure à un angle de 45 degrés n’est clairement pas raisonnable.

Ça laisse donc très peu de place à l’interprétation. Toutefois, si vous effectuez de telles manœuvres sur votre propre terrain privé où la circulation publique n’est pas autorisée, il n’y a là aucun problème. Vous pouvez également organiser un évènement avec des mesures de sécurité qui élimine les risques pour le public avec la permission du propriétaire d’un terrain privé où la circulation publique est autorisée. Par exemple, certaines pistes de course offrent des sessions d’hiver de ce genre et il arrive que des groupes de passionnés organisent des sessions d’autocross dans les stationnements de centre d’achat avec toute la sécurité et les permissions nécessaires. Ça, c’est totalement légal.

La prochaine fois qu’il vous prend une envie folle de faire déraper votre voiture au petit matin pensant que cela ne peut faire de mal à personne (et c’est probablement le cas) rappelez-vous que la loi est très sévère à ce sujet? Comme vous avez certainement pu le lire dans les journaux dernièrement, plusieurs infractions de ce genre ont été accompagnées de contravention de plus de 1550$, une somme colossale, certes, mais qui ne semble pas être assez radicale pour empêcher les plus téméraires de se lancer dans une telle pratique dans un milieu qui n’est pas encadré à cet effet.

Qui sait, peut-être que vous n’étiez tout simplement pas au courant qu’il était réellement illégal d’effectuer du dérapage contrôlé de manière aléatoire dans les stationnements privés où la circulation publique est permise, mais vous le savez maintenant. De plus, les cours de conduites hivernales coûtent nettement moins de 1 550$ et il y a même des sessions libres pour laisser aller le pilote de drift qui sommeille en vous dans ses formations bien encadrées. Bref, entre vous et moi, le choix est facile.



Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER