FCA : le moteur Hellcat bientôt périmé ?

   04 Février 2021 PAR Jean-Sébastien Poudrier

D’abord introduit dans la Dodge Challenger en 2015, le moteur Hellcat a fait son chemin jusque dans le camion RAM 1500 TRX, et ce, en passant par la Dodge Charger, le Dodge Durango et le Jeep Grand Cherokee. C’est d’ailleurs une version révisée de cette mécanique qu’on retrouve dans la spectaculaire Challenger SRT Demon dont la puissance s’élève à 840 chevaux. Néanmoins, pour ce qui est des variantes régulières de ce moulin, on parle plutôt d’une puissance qui varie entre 707 et 817 chevaux. 

Ce qu’il y a de plus ironique avec la motorisation Hellcat, c’est qu’elle connait un succès frénétique alors que les consommateurs prétendent vouloir des véhicules plus écologiques et plus sophistiqués, ce que le moteur Hellcat n’est clairement pas. Tout ça prouve qu’il y a encore de la place pour le plaisir dans l’industrie de l’automobile et que certains acheteurs sont prêts à payer le gros prix pour s’en procurer. Je ne suis pas en train de dire que tous les véhicules sur le marché pourraient être équipés du moteur Hellcat, mais le fait qu’une mécanique de ce genre soit aussi populaire peu importe le modèle dans lequel on l’incruste montre que l’émotion et le ridicule sont parfois les seules choses que demandent les acheteurs.

Les normes

Le fait est que FCA pourrait offrir le moteur Hellcat pour les 100 prochaines années encore, et ce, dans l’entièreté de sa gamme que ce dernier serait toujours aussi populaire. Toutefois, au cas où vous ne le sauriez pas, les constructeurs automobiles sont soumis à de sévères règles par les différents gouvernements du monde, qui presse le citron au niveau de l’environnement, ce qui leur donne une bonne image au final. Attention, je ne me lance pas dans un discours conspirationniste ici, mais il y a de nombreuses études qui prouvent que l’empreinte écologique d’un véhicule électrique est généralement pire que celle d’un véhicule à essence en raison de son processus de fabrication, des matériaux qui le composent et de la façon dont on recycle ses batteries.

Ce que je cherche à dire au final, c’est que les règles établies par ces gouvernements empêchent les constructeurs automobiles d’offrir uniquement des véhicules qui se conduisent totalement tout seuls à même titre que des véhicules équipés de V8 suralimenté de 700 chevaux. Je sais, en théorie, c’est beaucoup plus complexe que ça, car il y a aussi l’aspect économique et le prix du carburant à prendre en considération, mais le fait est que les constructeurs automobiles sont limités à tous les niveaux.

La mauvaise nouvelle

Si je vous parle de tout ça aujourd’hui, c’est parce que Dodge a fait une annonce bien triste à ce sujet. En effet, selon le constructeur américain, « les jours du moteur Hellcat seraient comptés » et ça, c’est le PDG de la marque Dodge lui-même qui l’a mentionné. Dodge est la seule filiale américaine de FCA qui ne propose actuellement aucune forme d’électrification, ce qui ne joue certainement pas en sa faveur. D’ailleurs, c’est ce qui explique que la production du Dodge Durango Hellcat n’ait été de que de 6 mois, car ce dernier ne répond plus aux nouvelles normes en matière d’émissions de gaz à effet de serre.

Théoriquement, Dodge pourrait continuer d’offrir le Durango Hellcat si une partie de la production du modèle était consacrée à des versions hybrides ou 100% électriques, mais ce n’est pas le cas. D’ailleurs, j’assistais récemment à une entrevue chez Ford où on nous expliquait que la production du Mach-E et de l’électrification de la prochaine génération de Mustang est ce qui va permettre à la marque d’offrir une Mustang à moteur V8 pour de nombreuses années encore.

Au final, j’espère sincèrement que les ingénieurs de chez Dodge et FCA vont trouver une solution pour permettre au moteur Hellcat de prospérer pour de nombreuses ann.es encore.



Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER