General Motors : la désactivation de cylindre pour son moteur diésel de 3.0 litres

   08 Mai 2020 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Si vous êtes un adepte de produits General Motors, vous êtes probablement très familier avec le concept qu’est la désactivation de cylindre. Si ce n’est pas le cas, il s’agit simplement d’une technologie qui permet de limiter le nombre de cylindres en action dans le moteur lorsque la demande en énergie est plus faible comme c’est le cas sur l’autoroute. Par exemple, un V8 dont la moitié des cylindres ne sont pas en fonction sera nettement plus économique.

De manière générale, ce sont plutôt les moteurs V8 qui ont tendance a bénéficier de ce genre de technologie puisqu’ils sont plus énergivores et que 4 cylindres suffisent amplement pour maintenir une vitesse de croisière. En revanche, il existe quelques exceptions à la règle comme c’est le cas avec le moteur Ecoboost de 1.0 litre de Ford puisque ce dernier ne compte déjà que 3 cylindres à la base. Dans ce cas précis, 1 seul cylindre est désactivé puisque le véhicule ne pourrait tout simplement pas avancer avec l’aide d’un seul cylindre. Sans compter qu’il y a une question d’équilibre dans tout ça. C’est déjà impression que 2 cylindres suffisent si vous voulez mon avis. Bref, tout ça pour dire que cette technologie a prouvé son efficacité et c’est pour cette raison que le constructeur américain a décidé de l’appliquer à son nouveau moteur Duramax de 6 cylindres de 3.0 litres.

Ce qui rend situation possible, c’est d’abord et avant tout le fait que le moteur utilise une configuration en ligne et non pas en V, car si c’était le cas, le débalancement serait tout simplement désagréable et ça pourrait causer d’importantes vibrations dans la conduite du véhicule.

Comment ça fonctionne?

Il y a quelque chose dans l’appellation de ce système qui fonctionne mal et c’est l’utilisation du mot cylindre, car dans les faits, lorsqu’un cylindre est désactivé, le piston, lui, continue de monter et de descendre dans le cylindre. En fait, ce qui est désactivé, c’est l’injection de carburant et la circulation d’air dans le cylindre. Toutefois, ce n’est pas parce que la moitié des cylindres sont désactivés que la consommation de carburant, elle, est coupée de moitié. On parle plutôt d’une consommation réduite de 5% à 12% en fonction du type de véhicule et surtout du rouage.

Il faut savoir que General Motors n’est pas le premier constructeur à vouloir introduire cette technologie dans un moteur diésel puisque certains fabricants de poids lourds l’utilisent d’ailleurs, certaines études démontrent qu’à une vitesse de 130 km/h, il ne faut que 214 chevaux pour remorquer 80 000 livres.

Maintenant, il ne reste plus qu’à savoir comment cette technologie sera appliquée au moteur de 6 cylindres de 3.0 litres Duramax. Ce dernier est doté d’une configuration à double arbre à cames en tête, ce qui vient compliquer la gestion d’un système de désactivation de cylindre, car c’est le genre de technologie qu’on retrouve normalement sur les moteurs dont l’arbre à cames est intégré à même le bloc-moteur.

La guerre du diésel

Alors que la majorité des autres véhicules ont délaissé ce type de motorisation, l’option du diésel est encore assez populaire du côté des camionnettes américaines. D’ailleurs, c’est ce qui a poussé General Motors à offrir son tout nouveau moteur diésel de 3.0 litres dans le Chevrolet Silverado, le GMC Sierra et quelques-uns de ses grands VUS. Ce moulin affiche une puissance de 277 chevaux et 460 livres-pied de couple.

On peut dire que General Motors a relevé son jeu d’un cran dans le segment des grands véhicules grâce à ce moteur diésel, car les adeptes de ce type de motorisations préfèrent largement une configuration en ligne à une configuration en V, ce qu’on retrouve notamment chez Ford et FCA dans les camionnettes de catégorie 1500. Ainsi, avec son moteur de 6 cylindres en ligne et maintenant la désactivation de cylindre, on peut dire que General Motors a une longueur d’avance sur la compétition.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER