Hertz déclare faillite

   03 Juin 2020 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Le nombre de victimes lié aux conséquences économiques de la crise de la Covid-19 continu de se multiplier et cette fois-ci, c’est le géant de la location automobile Hertz qui écope. Difficile de croire qu’une entreprise de cette taille puisse en être là, mais Hertz vient bel et bien de déclarer faillite. Au total, ce sont près de 12 000 personnes qui se retrouvent sans emploi en Amérique du Nord. Bref, c’est la preuve que même les grandes entreprises ne sont pas à l’abri de la faillite.

Toutefois, contrairement à la majorité des autres entreprises, Hertz œuvrait dans le domaine de la location journalière de véhicule, un domaine qui évolue justement de jour en jour. Avec un inventaire de plus de 700 000 véhicules, ce qui représente des pertes monumentales pour l’entreprise chaque jour que l’un de ces véhicules ne se retrouve pas sur la route. L’entreprise a d’ailleurs cumulé des dettes dépassant une valeur totale de 19 milliards de dollars américains.

Comprendre la situation

Voyez-vous, les compagnies de location comme Hertz bénéficient d’un prix de flotte plus bas même que celui du concessionnaire en raison du volume de véhicules qu’ils achètent. Toutefois, il y a une loi qui oblige Hertz à conserver ses véhicules pendant une période de 6 mois avant de pouvoir les vendre. Cette période correspond à une dépréciation de valeur normale et ça évite aux concessionnaires de devoir rivaliser avec les compagnies de location pour la vente de véhicules neufs/presque neuf. Donc, pour réaliser des profits, les compagnies de location doivent louer les véhicules à un certain montant journalier afin de couvrir la dépréciation du véhicule. Et c’est à la revente du véhicule qu’elles réalisent un profit ou pas.

Si vous me suivez jusqu’à maintenant, vous aurez compris qu’il y a un point critique où les véhicules ont perdu trop de valeur et qu’ils nécessitent trop d’entretiens pour être rentables. De plus, étant dans une position où c’était impossible de vendre des véhicules pour obtenir des liquidités, Hertz s’est retrouvé dans une situation où ses dettes ont dépassé un point de non-retour et l’entreprise n’auraient jamais été mesure de remonter la pente.

Tout ça prouve que la ligne entre le profit et les pertes est parfois très mince et que certaines entreprises, peu importe leur taille, n’ont pas forcément les moyens financiers de poursuivre leurs activités sans générer de revenu immédiat comme c’était le cas pour Hertz.

D’autres grandes entreprises dans la soupe chaude?

Pour l’instant, je crois que tout le monde espère que l’économie reprendra son cours petit à petit, mais je crois qu’aucune grande ou petite entreprise ne soit à l’abri d’une faillite éventuelle si la situation ne s’améliore pas dans les mois, voire les semaines à venir. Heureusement, les ventes automobiles vont de bon train depuis la réouverture officielle des concessionnaires au Canada, mais est-ce là suffisant? C’est ce que nous allons savoir dans les mois à venir.

Une peu d’histoire

Hertz Global Holdings a été fondée en 1918 par Walter L. Jacobs et son siège social se trouve à Estero en Floride. Si la location d’automobile a toujours été son activité principale, l’entreprise a aussi œuvré dans la location d’équipement de chantier et aussi dans la location de véhicules exotiques.

Difficile de dire comment la faillite de Hertz va affecter le marché de la location d’automobile en Amérique du Nord, mais c’est loin d’être une bonne nouvelle pour l’industrie de manière générale puisque Hertz était l’un des plus grands clients de nombreux manufacturiers. Ainsi, certains constructeurs automobiles vont devoir trouver des solutions pour récupérer cette perte de profit potentiel et au final, ça risque d’être vous et moi, les consommateurs individuels qui vont en écoper.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER