IIHS : des tests non concluants pour la conduite autonome

20 Mars 2024 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Il fut une époque où les journalistes automobiles devaient essayer des voitures et rien d’autre. Aujourd’hui, j’ai parfois l’impression que nous sommes plutôt des chroniqueurs technos. Enfin, voyez ça comme vous voulez, mais il est clair qu’on doit mettre à l’épreuve tous les gadgets et les technologies qu’on retrouve à bord des véhicules aujourd’hui.

 

Cela m’amène donc à vous parler de la conduite autonome, une technologie qui ne cesse de gagner en popularité depuis quelques années. Malheureusement, on est encore loin de la perfection dans ce créneau. Si les radars et les logiciels qui permettent à ces systèmes de bien fonctionner sont généralement efficaces, il arrive qu’ils échouent. Autant vous dire que j’ai eu la frousse à plusieurs reprises au cours des dernières années, et ce, dans une multitude de scénarii. Pardonnez-moi l’expression mais j’ai failli souiller mes sous-vêtements à plusieurs reprises.

 

Les manufacturiers en échecs

 

Je ne suis pas le seul à penser que les constructeurs ont encore du chemin à faire pour offrir une expérience totalement sécuritaire et c’est pourquoi l’IIHS (l’Insurance Institute for Highway Safety) a décidé de se pencher sur la question. Malheureusement, la quasi-totalité des manufacturiers a échoué les tests de l’entreprise américaine qui se spécialise dans la mesure du niveau de sécurité des véhicules.

 

L’IIHS a développé une nouvelle série de tests en circuit fermé et sur la route pour mesurer l’efficacité de la conduite autonome et il s’avère qu’aucun constructeur n’a réussi à obtenir la mention bien (Good). Seulement un constructeur, Lexus, a obtenu la mention acceptable, ce qui est loin d’être une fierté. Nissan et General Motors ont obtenu la note marginale. Les onze autres constructeurs qui ont participé aux tests ont obtenu la mention (Poor).

 

Toutefois, il ne faut pas généraliser puisque les mentions données par l’IIHS ne seront pas attribuées aux manufacturiers, mais plutôt aux véhicules eux-mêmes. Il est possible qu’un système soit plus efficace sur un véhicule qu’un autre, et ce, pour diverse raison. C’est d’ailleurs quelque chose que j’ai pu moi-même constater avec les années. D’ailleurs, il arrive parfois que les constructeurs effectuent des mises à jour sur certains modèles et pas sur d’autres, ce qui fait en sorte que le système offre un comportement totalement différent.

 

Il est important de comprendre que les tests de l’IIHS sont particulièrement rigoureux et sévères. Cela ne veut donc pas dire que les systèmes de conduites autonomes des constructeurs automobiles sont dangereux. Toutefois, ils ne sont pas parfaits et c’est pourquoi vous devriez toujours conserver une attention maximale sur la route même lorsque la conduite autonome est enclenchée. Voyez ces systèmes comme une aide à la conduite et non pas comme une forme de chauffeur virtuel. Qui sait, peut-être que nous en serons là un jour, mais pour le moment, c’est loin d’être le cas ?

 

Jean-Sébastien Poudrier