L’alcool au Volant : un sujet d’actualité.

29 Octobre 2010 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Il n’y a pas que les jeunes qui devront surveiller leur consommation d’alcool avant de prendre le volant désormais, car le gouvernement, les forces de l’ordre ainsi que la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) travaillent d'arrache-pied pour éradiquer ce qui s’avère être l’une des principales causes d’accidents mortels sur les routes du Québec.  

Comme la vitesse au volant ainsi que l’utilisation d’un cellulaire au volant, l’alcool au volant est l’une des principales causes de décès sur les routes du Québec et le problème est loin de s’étendre uniquement à la jeunesse téméraire. Après les 21 ans et moins, c’est au tour du reste de la population de souffrir du projet de loi 71. Les chauffeurs de taxi, les conducteurs de minibus et d’autobus seront également soumis à « zéro alcool ». De plus, le projet de loi 71 prévoit des sanctions encore plus sévères pour les cas mentionnés précédemment ainsi que les conducteurs de véhicules lourds, dont le taux d’alcoolémie dépasse 50 MG d’alcool par 100 ml dans le sang.

Ces nouvelles restrictions occasionnées par le projet de loi entreront en vigueur le 30 juin 2012. Néanmoins, le durcissement des sanctions ne sera clairement pas assez efficace pour éradiquer le problème.

Une réalité troublante

Malgré toutes les alternatives qui existent – dormir chez un ami, nez rouge, choisir un chauffeur désigné –, la majorité des accidents mortels qui surviennent sur les routes du Québec sont causés par la vitesse au volant et l’alcool au volant, deux situations qui sont loin d’être étrangère l’une de l’autre. En effet, j’espère ne rien vous apprendre en vous annonçant que, lorsque vous buvez de l’alcool, vous avez plus de chances d’adopter une conduite téméraire et par conséquent de dépasser les limites de vitesse.

Le bilan 2011

Selon le rapport annuel de gestion de l’assurance automobile du Québec, il y aurait eu 479 décès, 2 038 blessés graves et 39 388 blessés légers lors d’accidents survenus sur les routes du Québec en 2011. Ces chiffres sont largement inférieurs à ceux enregistrés par le passé, mais ils restent assez importants pour nous rappeler que le danger est encore présent.

Une surreprésentation

Les jeunes font toujours partie d'une catégorie à risque selon la société de l’assurance automobile du Québec, puisque ces derniers représentent 10 % des titulaires d’un permis de conduire, mais ils sont impliqués dans 23 % des accidents avec dommages corporels. C’est pour cette raison que la SAAQ a mis au point une série de campagnes de sensibilisation. Toutefois, il n’y a qu’une petite partie des jeunes conducteurs qui les remarqueront et de ceux-ci, seulement quelques-uns seront marqués durant une certaine période. Néanmoins, si la sensibilisation ne semble pas être une solution efficace, la dissuasion par le durcissement des sanctions ne le sera pas non plus, car elle n’empêche en rien le comportement de se produire, elle ne fait qu’annoncer une punition plus sévère aux conducteurs qui seront pris en flagrant délit, ce qui ne représente probablement qu’une faible partie de l’ensemble des conducteurs qui prennent le volant avec un taux d’alcoolémie supérieure à la limite.



Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER