L’automobile nucléaire

   13 Avril 2014 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Ça n’a rien d’un bon vieux film de science-fiction, car des chercheurs se penchent véritablement sur la question. En réalité, le problème ce n’est pas autant l’énergie qu’on utilise que la manière dont on l’utilise. Et c’est pour cette raison notamment que l’énergie nucléaire a une si mauvaise réputation. Imaginez seulement ne jamais avoir à faire le plein et produire une quantité très limitée de déchets, car c’est ce que pourrait véritablement offrir l’énergie nucléaire à l’automobile. Néanmoins, tout comme il y a 100 ans pour l’électricité, nous n’avons pas forcément la bonne technologie pour exploiter tout le potentiel de cette énergie dans une automobile.

Tout comme l’ont indiqué les scientifiques de la firme Laser Power, une telle technologie nécessitera encore plusieurs années de recherches, mais ces derniers travaux tout de même sur la conception d’une turbine fonctionnant à l’énergie nucléaire. L’idée, ça serait de pouvoir générer de l’électricité. En fait, cette future technologie serait en mesure de créer assez d’électricité pour alimenter la voiture pendant 480 000, une distance de vie que peu de voitures peuvent se permettre ironiquement.

Une solution écologique

Difficile de croire que l’énergie nucléaire pourrait être plus propre que l’essence, le diésel et même que les actuelles voitures 100 % électrique dont les batteries ont une durée de vie moyenne très limités. Selon les scientifiques de la firme Laser Power, 8 grammes seulement de thorium pourraient suffire à alimenter une voiture pour 480 000 kilomètres, soit environ 5 000 heures. La turbine ne pèserait d’ailleurs que 225 kg, soit le poids moyen d’un moteur de 6 cylindres.

Si cette technologie semble prometteuse, il sera difficile d’en évaluer l’impact sur l’environnement par rapport un moteur plus conventionnel. Sans compter, qu’on ne peut ne pourra pas parler de puissance et de durabilité avant d’avoir effectué des tests concluants. Nous savons au moins qu’il ne sera plus nécessaire pour s’arrêter faire le plein d’essence à la station-service ou encore de devoir brancher sa voiture pour qu’elle se recharge. À ce propos, les chercheurs ont fait mention que la voiture nucléaire n’aurait nul besoin d’être rechargée, ce dont je doute fortement. Certes, ça fonctionnera en phase d’essai avec des voitures qui n’utiliseront que la puissance générée par le moteur nucléaire. Qu’est-ce qui se passera ensuite quand certains en voudront plus? Ils auront besoin de batterie pour emmagasiner un surplus d’énergie et nous pourrons dire à ce moment que la voiture nucléaire est moins écologique qu’une voiture électrique.

Il y a donc encore un bon bout de chemin à faire pour l’équipe de Laser Power, mais je suis persuadé que le moteur nucléaire aura un jour sa place sous le capot d’une automobile.

 

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER