Les conducteurs et les technologies autonomes : beaucoup d’incompréhension

   30 Juin 2019 PAR Jean-Sébastien Poudrier

En tant que journaliste automobile, je conduis plusieurs véhicules différents chaque mois et la majorité des nouveaux modèles sont équipés de technologies autonomes. Ce qu’on appelle technologies autonomes, ce sont les régulateurs de vitesse adaptatifs, les systèmes d’aide au maintien de la voie et les systèmes de freinage d’urgence. Bref, ce sont toutes les technologies qui peuvent intervenir à votre place dans certaines situations.

Étant toujours à l’affut de ce qui se passe dans le milieu de l’automobile, j’ai la chance de mettre à l’essai ces technologies sur une base régulière, mais pour l’acheteur moyen qui se procure un nouveau véhicule tous les 5 à 7 ans, le choc peut être assez brutale et il est clair qu’une formation est nécessaire lorsqu’on se procure un nouveau véhicule, car autonome, ça ne veut pas forcément dire que le véhicule fait tout sans votre intervention.

C’est dans le cadre d’une récente étude sur le sujet que des scientifiques de l’IIHS ont découvert que les conducteurs ont en réalité plus de mal à s’adapter aux nouvelles technologies autonomes qu’on pourrait le croire.

Le problème, c’est que chaque constructeur conçoit ses technologies selon ses propres paramètres. Ainsi, l’activation et la désactivation de ces derrières varient d’une marque à l’autre. Les limites de chaque technologie comme la distance ou la force de freinage peuvent aussi varier d’un constructeur à l’autre. Ajoutez à cela le fait que la majorité des gens n’osent pas demander une explication complète et on se retrouve avec un problème majeur. Ainsi, les conducteurs ne savent pas vraiment quel pourcentage de ces technologies est autonome et quand exactement ils doivent intervenir.

L’une des problématiques les plus importantes selon l’IIHS et son étude, c’est le nom que choisies les constructeurs pour leur ensemble de technologies autonomes. Par exemple, Autopilot, Pro-pilote, sont des termes qui peuvent nous laissez croire que notre voiture se conduit entièrement toute seule du point A au point B, ce qui est totalement faux.

L’étude repose sur un questionnaire qui a été remis à plus de 2 000 conducteurs et les résultats démontrent que la majorité d’entre eux n’ont absolument aucune idée de ce que sont les limites des technologies autonomes que proposent les voitures modernes. À mon avis, le problème vient surtout du manque de formation de la part des manufacturiers à l’égard de ses employés. Imaginez seulement qu’un représentant tienne pour acquis qu’un acheteur sait que le système de suivi de voie ne fonctionne pas dans une courbe trop serrée et que ce dernier laisse son véhicule continuer dans un ravin. Je sais mon scénario est un peu extrême, mais il n’en reste pas moins que très peu de gens sont bien informés sur les limites réelles de leur véhicule.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER