Pénurie : des mois difficiles à venir pour les concessionnaires ?

31 Mai 2021 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Plus tôt ce mois-ci, certains constructeurs comme General Motors, RAM et Ford ont annoncé devoir mettre sur pause la production de plusieurs modèles en raison d’une pénurie de pièces essentielles au bon fonctionnement de leur véhicule. Même si la pénurie ne dure que quelques semaines, l’arrêt de production signifie que les clients qui avaient commandé des véhicules devront attendre plus longtemps avant de prendre possession de ces derniers. Il en va de même pour l’inventaire des concessionnaires qui risque de diminuer à vu d’œil.

Même si les ventes d’automobiles neuves ne sont pas encore tout à fait où elles devraient se trouver, on peut dire que les choses vont plutôt bien pour certains concessionnaires. La loi de l’offre et la demande a fait en sorte que les acheteurs ont un pouvoir de négociation plus faible maintenant, car il n’y a pas autant d’unité disponible qu’avant. Si vous suivez le marché depuis l’an dernier, vous avez certainement constaté une hausse importante dans le prix des véhicules d’occasion et cette situation en est la cause. Pour ce qui est des véhicules neufs, on voit de moins en moins de rabais et certains véhicules dont la demande est plus forte sont désormais accompagnés d’un surplus qu’on appelle plus communément un (markup). Je peux vous citer quelques exemples comme la Toyota Supra, la Chevrolet Corvette ou encore le RAM TRX qui se vendent tout bien au-dessus du prix de vitre à l’heure actuelle. Bien que légale, cette pratique n’est certainement pas encouragée, mais peut-on vraiment en vouloir aux concessionnaires qui ont longtemps dû jongler entre le fait de devoir vendre des véhicules à perte pour atteindre leurs objectifs de ventes ou d’aller chercher un minimum de profit?

Aujourd’hui les choses sont différentes et c’est pourquoi je crois que la pénurie ne va pas forcément affecter la profitabilité des ventes de véhicules, bien au contraire. Dans les faits, si on concessionnaire peut faire autant de profit en vendant 2 fois moins de véhicule, cela signifie moins de coûts pour l’essence, le lavage et toutes les autres petites attentions qu’on attribue aux véhicules et qui ne sont pas nécessairement mesurés dans les coûts relatifs à la préparation d’un véhicule. Bref, on peut malheureusement en venir à la conclusion que c’est le consommateur qui va devoir payer la plus grosse facture dans tout ça puisque les options se limite à payer le plein prix et même davantage ou d’aller vers le marché des véhicules d’occasion et payer une appréciation sur la majorité des choix qui s’offre à vous.

Difficile de dire combien de temps tout ça va durer, mais pour le moment, c’est la situation à laquelle on doit faire face et l’industrie de l’automobile n’est pas la seule dans cette situation. En effet, comme vous avez sans doute pu le remarquer, le marché de l’immobilier a lui aussi complètement évolué dans la dernière année et il y a fort à parier que d’autres industries vont subir le même genre de transformation dans les mois à venir.



Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER