Shelby GT350 et GT350R : c’est la fin

   26 Octobre 2020 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Après une nouvelle aventure qui a débuté en 2015 (2016 au Canada), c’est désormais le temps pour Ford de raccrocher les clés de la GT350 et de la GT350R. Certes, il y a la GT500 maintenant et la nouvelle Mach-1 qui viendra en quelque sorte remplir les pneus de la GT350, mais au final, je crois qu’aucune de ces voitures ne peut réellement remplacer la GT350. En fait, j’irais même jusqu’à dire que la Shelby GT350/GT350R est là, si non l’une des meilleures voitures de sport de la dernière décennie. Bien sûr, il y a Ferrari, Lamborghini et tout le tralala, mais si on pense à ce qu’une voiture peut vous offrir pour ce qu’elle coûte, je pense sincèrement qu’il n’y pas mieux que la GT350 et c’est pour cette raison qu’il est essentiel de lui rendre un dernier hommage digne d’une voiture qui est déjà légendaire. Au-delà de son style amélioré et de ses caractéristiques typiques aux modèles Shelby, il y a une chose que la GT350 emporte avec elle et qu’on ne peut tout simplement pas retrouver ailleurs dans la gamme de la Mustang et c’est son incroyable moteur. Je sais, la GT500 reprend cette mécanique quasiment dans son intégrale et la majorité des gens croit que la seule différence c’est l’ajout d’un compresseur volumétrique, mais ce n’est pas tout à fait le cas. Il faut savoir que contrairement à la GT500 qui utilise un vilebrequin conventionnel en forme de croix, la GT350, elle utilisait un vilebrequin plat et ça, c’est ce qui fait une différence monumentale entre les 2 voitures. Bien sûr, la GT500 n’a rien à se reprocher dans cette histoire, car sa sonorité est imposante et ses performances sont à couper le souffle. Toutefois, être rapide, ce n’est pas tout et c’est là que la GT350 prend tout son sens à mon avis. Elle n’a pas été conçue pour impressionner qui que ce soit, mais elle n’en reste pas moins l’une des voitures les plus plaisantes à conduire sur le marché grâce à son équilibre parfait et sa sonorité divine. En fait, sa signature sonore est si particulière et unique qu’on ne peut tout simplement pas la confondre avec une autre voiture. Au niveau de la voiture, elle est équipée d’une boîte manuelle à 6 rapports, mais ce qui rend cette dernière encore plus agréable, c’est le fait que le moteur étire la sauce jusqu’à 8 250 tours/min. Cette performance est notamment rendue possible grâce au vilebrequin plat. Bref, la GT350 n’est pas le genre de voiture avec laquelle on veut être le roi de la piste d’accélération ou qu’on utilise pour faire tourner les têtes sur les rues achalandées des grandes villes. C’est la voiture parfaite pour les petites routes de campagnes où on peut réellement se faire plaisir derrière le volant d’un bolide. Si vous aimez conduire pour conduire, cette voiture a tout ce qu’il faut pour vous plaire. Si vous effectuez une recherche rapide, vous allez constater que les quelques unités qui sont disponibles sur le marché des véhicules d’occasions n’ont pratiquement pas perdu de valeur et je crois que ça pourrait bien être l’un des premiers Mustang de l’histoire à reprendre de la valeur aussitôt sa production terminée. En fait, la version GT350R se vend déjà bien au-delà de ce qu’elle coûte flambant neuve, ce qui est un bon indicateur. Un  peu d’histoire Ce qui rend la GT350 aussi mythique à mon avis, c’est qu’il s’agit d’une réinterprétation moderne de la GT350 des années 60. Cette dernière est arrivée sur le marché avant la GT500 et selon plusieurs historiens, elle tire son appellation du fait que l’atelier de Carroll Shelby et l’usine de Ford où était assemblé la Mustang ne se trouvaient qu’à 350 pas l’une de l’autre. Quoi qu’il en soit, ça fait une bonne histoire à raconter. Bref, la fin de la GT350 marque certainement la fin d’une belle époque pour les adeptes d’automobiles, mais il faut faire place à de nouveaux modèles comme la Mach-1 et la GT500. De plus, la Mustang est sur le point de subir une refonte complète, ce qui promet d’être très intéressant, car tout porte à croire que l’électrification va enfin faire partie de l’équation de la Mustang. Certes, c’est différent, mais lorsque je vous dis que la GT350 marque la fin d’une époque, c’est exactement à ça que je fais référence. La nouvelle Mustang sera assurément très plaisante à conduire et pleine de technologies de pointe, mais je crois que Ford ne sera jamais capable de reproduire l’émotion que procure la GT350.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER

 

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