Takata : un nouveau décès

   29 Octobre 2020 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Disons qu’avec tout ce qui se passe dans le monde entier à l’heure actuelle, certains évènements ont réussi à se faire oublier comme c’est le cas de l’affaire Takata, rien de moins que l’un des plus grands rappel et scandale de l’histoire de l’automobile. Takata est l’un des plus importants fournisseurs de coussin gonflable de sécurité dans le monde entier. Figurez-vous que ce n’est toujours pas réglé puisque Honda a enregistré un 17e décès directement relié à ce problème, ce qui amène le compte à 26 décès à l’échelle mondiale. Je sais, 26 décès ça semble assez ridicule considérant le fait qu’il y a plusieurs millions de véhicules qui ont été rappelés jusqu’à maintenant, mais le problème ici c’est que les décès sont directement causés par un mauvais fonctionnement d’un système qui devrait servir à vous sauver la vie et non pas le contraire. Le véhicule impliqué dans ce 26e décès à l’échelle mondiale s’avère être une Honda Civic 2002. D’ailleurs, il faut savoir que l’incident remonte au 20 aout dernier, mais il a fallu plusieurs semaines d’enquête pour que la Nationale Highway Traffic Safety Administration détermine les causes exactes du décès. Les faits Un premier rappel majeur a été émis pour 3.3 millions de véhicules en 2014 après qu’une enquête ait révélé que des coussins gonflables de marque Takata pouvaient se déployer sans avertissement même lorsqu’il n’y avait aucune collision ou dans le cas contraire, ne pas se déployer du tout en cas de collision. Depuis, ce sont près de 100 millions de véhicules qui ont été touchés par le rappel. C’est un chiffre colossal, mais il faut savoir que Takata représente à lui seul près de 20% du marché dans le créneau des coussins gonflables. Comme je l’ai mentionné plus tôt, 26 décès semblent plutôt alarmistes considérant le fait que plus de 70 millions de véhicules ont été rappelés, mais on peut se douter qu’il ne s’agit que d’une portion, des décès du même genre ont probablement été attribués directement au problème des coussins gonflable. Néanmoins, avant même de parler de mort, on peut aussi parler des personnes qui ont été blessées, car de ce côté, on ne répertorie pas moins de 300 blessures graves directement reliées à cette défectuosité. Une affaire sellée ?  En 2017, Takata a décidé de plaider coupable aux accusations qui étaient portées à son égard et l’entreprise a été forcée de payer une amende de plus de 1 milliard de dollars, et ce, sans compter ce qu’il a pu en coûter jusqu’à maintenant pour effectuer le remplacement des pièces défectueuses. De son côté, Honda a même déboursé 85 millions de dollars pour aider à compléter une enquête à son égard. L’affaire Pinto Certes, malgré la faible proportion de décès par rapport au nombre de rappels, l’affaire Takata n’en est pas une qu’il faut prendre à la légère. Toutefois, nous sommes loin du pire évènement de ce genre dans l’histoire de l’automobile et la seule chose qui fait en sorte que la nouvelle ressorte dans les médias, c’est un nouveau cas de sa proximité temporelle générale. Si on remonte dans les années 70, l’affaire Pinto était le scandale de l’heure à l’époque. Pour vous résumer la chose, si la voiture était percutée à l’arrière autour de 30 kilomètres par heure, le réservoir d’essence se détachait et ce dernier explosait en raison d’une autre pièce défectueuse et comme si ce n’était pas suffisant, le châssis de la voiture se tordait vous faisant prisonnier de cette dernière. Le problème ici, c’est qu’une firme de comptable avait été embauchée pour calculer le coût d’une vie humaine pour savoir s’il était plus rentable de payer pour les blessés et les décès plutôt que de réparer les voitures. Les études subséquentes révèleront qu’il aurait été préférable de réparer les voitures dès le début. Au total, ce sont près de 180 personnes qui ont perdu la vie à bord d’une Pinto pour ces raisons spécifiques.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER