Tesla : une nouvelle batterie à bas prix

   25 Mai 2020 PAR Jean-Sébastien Poudrier

L’une des plus grandes problématiques qui entoure la fabrication et surtout la durabilité des véhicules électriques à l’heure actuelle, c’est le prix des batteries, ce qui en majoritairement du aux matériaux rares qu’on retrouve dans ces dernières. Si vous n’avez jamais osé poser la question, je peux vous dire que le coût moyen de remplacement d’une batterie pour véhicule électrique varie entre 20 000$ et 30 000$ en fonction du véhicule, ce qui, dans certains cas, dépasse même la valeur de ce dernier sur le marché des véhicules d’occasion. De plus, lorsqu’il est question de voiture à grande autonomie et aux performances aussi impressionnantes que celles de Tesla, on comprend pourquoi les voitures du constructeur américain coûtent aussi cher.

Heureusement, Tesla semble avoir trouvé une solution à ce problème puisque le constructeur américain travaille actuellement sur une batterie qui, selon les dires de son fondateur, Elon Musk, rendrait les voitures électriques aussi abordables que des voitures similaires à essence.

Pour la Chine

La moins bonne nouvelle maintenant, c’est que cette nouvelle batterie pourrait être uniquement disponible en Chine, car pour l’instant, c’est le seul pays avec lequel Tesla semble avoir débuté des négociations. Il faut savoir que le constructeur américain a d’abord et avant tout besoin de l’autorisation du pays pour débuter la fabrication de ses nouvelles batteries au lithium de fer et phosphate. D’ailleurs, ce qui explique ce coût de production plus faible, c’est le fait qu’il n’y ait pas de cobalt dans cette nouvelle batterie, l’un des matériaux les plus dispendieux de la planète à leur actuel. Néanmoins, ce qui explique avant tout que Tesla ait choisi ce marché avant les autres pour recevoir cette batterie, c’est parce que l’entreprise qui sera chargée de les produire est en fait chinoise elle-même. L’entreprise en question se nomme CATL et il s’agit du même fournisseur de batterie que pour Audi, Hyundai, Kia et Mercedes-Benz.

Selon les dires de Tesla, cette nouvelle batterie serait en mesure de réduire les coûts de production d’une batterie à 20% du coût actuel. C’est ce qui permettrait au constructeur américain d’offrir ses voitures à un prix nettement plus compétitif.

Un modèle d’affaires pas comme les autres

Contrairement à la majorité des constructeurs automobiles qui misent sur un réseau de concessionnaires pour assurer un certain contact avec la clientèle, du côté de Tesla, on a toujours priorisé la vente en ligne et c’est ce qui donne un lourd avantage au constructeur américain par rapport à la compétition à l’heure actuelle. Néanmoins, si Tesla a utilisé cette méthode à la base c’est surtout pour limiter le nombre d’intermédiaires entre le client et son entreprise, ce qui permet de garder les prix assez bas. D’ailleurs, jusqu’à tout récemment, le constructeur américain n’avait jamais enregistré de profit de toute son existence. Il faut avoir les reins très solides pour perdre de l’argent durant autant d’années, mais il semble que cette stratégie ait fini par porter fruit puisque le constructeur américain s’est rallié un lot d’adepte et l’entreprise est devenue un symbole un peu comme c’est le cas pour Apple.

Un facteur qui a aussi grandement contribué à l’émancipation des voitures électriques, ce sont les aident gouvernementales, mais Tesla ne compte clairement pas que sur ça pour vendre des véhicules. Lorsque les véhicules électriques vont être assez populaires, il y a de fortes chances pour que les gouvernements abandonnent ses programmes d’incitation. Ainsi, c’est ce qui nous amène à aujourd’hui avec Tesla qui cherche des solutions pour réduire les coûts de fabrications de ses voitures au minimum et le constructeur américain s’est attaqué au plus gros morceau en premier lieu. Maintenant, il reste simplement à savoir si nous allons aussi bénéficier de ces nouvelles batteries dans les prochaines années ou s’il s’agit d’une technologie qui sera exclusive à la Chine. Après tout, Tesla n’a clairement pas besoin de ça pour vendre des véhicules en Amérique du Nord à l’heure actuelle.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER