Tolérance Zéro : pour les 21 ans et moins.

16 Juin 2010 PAR Jean-Sébastien Poudrier

C’est maintenant officiel, à partir du 15 avril 2012, tous les conducteurs de 21 ans ou moins au Québec seront soumis à la loi sur la tolérance zéro. Cette dernière s’ajoute donc à la multitude de nouvelles lois qui frappent les jeunes conducteurs depuis quelques années.  

Selon le ministre des Transports du Québec, M. Pierre Moreau « Cette nouvelle mesure vise à réduire le risque d'accidents liés à l'alcool au volant chez les jeunes, tout en préservant leur mobilité. Il est primordial dintervenir auprès des plus jeunes conducteurs pour qu'ils acquièrent des habitudes de conduite responsable. »

Des sanctions sévères.

Il semblerait donc que la prévention ne suffise plus, car l’application de cette nouvelle loi implique des sanctions d’une grande sévérité. Ayant récemment vu leur permis de conduire passer de 15 à 8 points, les jeunes conducteurs n’ont qu’à bien se tenir, car le non-respect de la loi sur la tolérance zéro occasionnera 4 points d’inaptitude à leur dossier en plus d’une amende pouvant aller de 300 à 600 $. Le message est donc clair, le gouvernement ne laissera pas de chance aux jeunes conducteurs.

Des statistiques à prendre à la légère.

Bien que cette loi touche seulement les conducteurs de 21 ans ou moins, le gouvernement répète qu’il ne s’agit là que d’une des mesures visant à contrôler le problème de l’alcool au volant dans une optique générale. Néanmoins, selon les statistiques que révèle la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), 45 % des conducteurs décédés lors d’un accident de la route et qui avaient de l’alcool dans le sang étaient âgés de 16 à 24 ans. Néanmoins, ces statistiques ne révèlent pas le taux moyen d’alcool, ce qui laisse croire que l’information n’a pas été divulguée pour les besoins de la cause.

Selon le communiqué de la SAAQ au sujet de la loi sur la tolérance zéro, 30 % des infractions criminelles liées à l’alcool seraient commises par les conducteurs de 16 à 24 ans alors que ces derniers ne composent que 10 % des titulaires de permis. Il est vrai que les jeunes représentent la partie la plus à risque des conducteurs, mais jamais les lois n’ont été aussi sévères qu’elles le sont aujourd’hui.

Un objectif clair

L’objectif de la loi sur la tolérance zéro est de promouvoir la sécurité routière. Conduire avec de l’alcool dans le sang peut avoir des conséquences négatives et c’est exactement ce que le gouvernement souhaite montrer aux jeunes. Il existe de nombreuses alternatives — choisir un conducteur désigné, téléphoner à un taxi, dormir chez un ami, utiliser le transport en commun ou encore faire appel à un service de raccompagnement – pour éviter de conduire après avoir pris de l’alcool. Pourtant, certains conducteurs téméraires, pas seulement chez les jeunes, continuent de prendre le volant avec facultés affaiblies, et ce, malgré toutes les campagnes publicitaires qui s’attardent sur le sujet.

La punition semble donc l’unique moyen de résoudre les problèmes d’alcool au volant selon le gouvernement.   Néanmoins, la mise en place d’une nouvelle loi n’empêche en rien sa transgression. L’ajout d’un système antidémarrage en cas de consommation d’alcool serait nettement plus efficace pour éviter les accidents que la simple menace de punition.



Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER