Toyota : un véhicule pour la Lune

   03 Septembre 2020 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Les véhicules tout-terrains sont particulièrement à la mode depuis quelques années et les constructeurs automobiles en profitent pour développer des technologies qui rendent ces derniers encore plus efficaces sur toutes sortes de surface et dans les pires conditions qui soient. Néanmoins, je crois que Toyota a pris la chose un peu trop au sérieux puisque le constructeur japonais travaille sur le développement d’un véhicule spécialement conçu pour se déplacer sur la Lune.

Le Toyota Lunar Cruiser (JAXA) est un véhicule tout-terrain à cellule d’hydrogène qui possède 6 roues et un habitacle complètement hermétique, ce qui permet aux astronautes de circuler sans casque sans danger. D’ailleurs, comme son nom l’indique, c’est littéralement un Land Cruiser pour la route, sauf que les ressemblances avec le modèle terrien sont assez minimes, mais on y voit clairement le nom de la marque à l’avant et je dois dire que c’est assez amusant, car on peut très bien s’imaginer à quoi ressemblerait un véhicule grand tourisme pour la Lune si cette dernière était colonisée.

Le tout-terrain de l’espace

Parlons un peu des chiffres qui accompagnent ce gargantuesque véhicule tout-terrain pour la Lune, car nous sommes ici bien loin d’un Land Cruiser régulier. D’abord, le Lunar Cruiser affiche un GVWR de plus de 14 000 livres, ce qui correspond environ à une camionnette de catégorie 1 tonne et même davantage. D’ailleurs, le VTT lunaire de Toyota mesure plus de 20 pieds en longueur, mais il n’offre de la place que pour 2 passagers, ce qui n’est pas très fonctionnel si vous voulez emmener votre famille sur une escapade lunaire. En fait, c’est à peine plus grand qu’un Toyota Tundra, mais le Lunar Cruiser est 2 fois plus haut que la camionnette et mesure 17 pieds de large.

Quoi qu’il en soit, selon les dire de Toyota, la mission du Lunar Cruiser va permettre à ce dernier parcourir pas moins de 10 000 kilomètres sur une période de 6 ans. C’est assez modeste comparativement au 20 000 kilomètres moyen par an d’un véhicule terrestre, mais il faut comprendre qu’il n’y a pas de route sur la Lune et que les conditions sont nettement plus arides. Blague à part, avec un kilométrage aussi peu élevé, le Lunar Cruiser ne devrait pas être trop difficile à revendre. Toyota n’a bien évidemment pas parlé de coûts de produits, mais ce genre de véhicule peut coûter plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de millions de dollars en recherche et développement. Espérons seulement que nous aurons droit à une version TRD Pro à pareille somme.

Comme vous le savez probablement, il n’y a qu’une seule station de recharge pour véhicule à hydrogène au Québec, alors, comment diable le Lunar Cruiser va-t-il pouvoir faire le plein de carburant durant son périple lunaire ? Malheureusement, Toyota n’a pas précisé le tout, mais le constructeur japonais soutient tout de même que son véhicule lunaire sera capable de fonctionner durant une période de 6 semaines et de parcourir une distance de plus de 1 000 kilomètres à partir d’un plein d’hydrogène. Sans compter qu’il sera doté d’un énorme panneau solaire pour aider à récupérer de l’énergie grâce à une meilleure exposition au soleil que sur la terre.

Le futur se rapproche

Ce n’est toutefois pas demain la veille que vous allez pouvoir observer le Toyota Lunar Cruiser en mouvement sur la Lune puisque lancement de ce dernier n’est pas prévu avant la fin de la décennie actuelle. D’ailleurs, fait intéressant, Toyota n’est pas le seul constructeur automobile à vouloir conquérir le marché lunaire puisqu’Audi travaille aussi sur un modèle spécialement conçu à cet effet, le Lunar Quattro.

Comme vous le savez probablement, Toyota est l’un des seuls constructeurs automobiles qui proposent actuellement une voiture fonctionnant avec des cellules à hydrogène, à savoir la Mirai. Ainsi, il y a fort à parier que les technologies qui seront développées dans le prochain Lunar Cruiser pourraient un jour se retrouver dans un modèle de production grand public.

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER