Trump dit non! Ford renonce à son usine au Mexique

   04 Janvier 2017 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Jamais de toute ma carrière de journaliste automobile je n’aurais pu imaginer vous parler du président des États-Unis en devenir, Donald J. Trump. Ce dernier dont le discourt considéré comme extrémiste et un peu ridicule par de nombreux critiques tend désormais à être pris au sérieux puisqu'avant même d'emménager à la maison blanche, il réaliste déjà l'une de ses promesses électorales, soit celle de ramener l'industrie américaine à produire localement plutôt que de relocaliser ses usines dans des pays où le coût de la main-d'œuvre est largement inférieur à celui des États-Unis.

Trump l'a dit et Trump l'a fait puisque Ford vient tout juste d'annoncer l'annulation de son projet de construire une nouvelle usine au Mexique qui devait servir à produire des véhicules électriques et autonomes. C'est donc sur un investissement de 1.6 milliard et la création de 2800 emplois à l'étrangé que Ford fait un trait. Le constructeur américain propose plutôt d'investir 700 millions de dollars afin de rénover son usine au Michigan, ce qui permettra la création de 700 emplois.

Une coïncidence, vraiment?

Mark Fields, le PDG de Ford assure que M. Trump n'a que légèrement influencé la décision du constructeur américain dans son projet de construire une nouvelle usine au Mexique. Il admet toutefois que la menace du futur président américain quant à l'idée d'imposer des frais de douanes plus élevés pour les produits américains fabriqués ailleurs qu'aux États-Unis a pesé lourd dans la balance. Pour ajoutée à ce fait, la décision de Ford pour construire sa nouvelle au Mexique avait été annoncée au mois d'avril l'an dernier. Difficile de croire que Ford a changé d'idée la même journée que Donald Trump a fait l'annonce qu'il y aurait des frais de douane élevés pour les voitures américaines produites au Mexique, mais vendues aux États-Unis.

Bienvenue à TrumpLand

Et ce n'est là que le début pour le futur président américain qui entrera officiellement en fonction le 20 janvier prochain. Donald Trump vise également GM, et plus particulièrement la bannière Chevrolet, qui produit actuellement le modèle Cruze au Mexique. Tout comme pour Ford, General Motors s'est vu menacé d'une hausse importante des frais de douanes pour les Cruze produites au Mexique si la production n'est pas rapatriée aux États-Unis.

Voici d'ailleurs l'un des Tweets envoyés par Donald J. Trump à partir de son compte Tweeter le mardi 3 janvier dernier: "General Motors is sending Mexican made model of Chevy Cruze to U.S. car dealers-tax free across border. Make in U.S.A.or pay big border tax! "(General Motors envoie des Chevrolet Cruze fabriquées au Mexique dans des concessionnaires aux États-Unis sans payer de frais de douane. Fabriquez-les aux États-Unis ou payez de gros frais de douane.

Les constructeurs automobiles ne sont pas les seules entreprises visées par M. Trump qui a déjà fait passer le message chez Boeing, Lockheed Martin et Carrier. Au rythme où vont les choses, la liste noire de Trump risque d'être nettement plus longue que la liste des enfants sages du Père-Noel avant la fin de son mandat.

 

Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER