Une taxe pour les véhicules électriques en Saskatchewan ?

16 Avril 2021 PAR Jean-Sébastien Poudrier

Voilà une nouvelle qui risque de faire réagir les adeptes de voitures électriques puisque le gouvernement de la Saskatchewan a décidé d’imposer une nouvelle taxe aux propriétaires de véhicules électriques. C’est donc sous la forme d’une contribution de 150$ que ces derniers vont contribuer au budget 2021-2022 de la province canadienne. D’ailleurs, il ne s’agit pas d’une mesure temporaire, mais bien d’une obligation permanente puisque les propriétaires de véhicules électriques devront payer cette taxe chaque année.

Le gouvernement de la Saskatchewan s’explique sur la situation en mentionnant que jusqu’à maintenant, les propriétaires de véhicules électriques étaient d’une façon exemptés de contribution pour les infrastructures routières puisque cette taxe accompagne le litre d’essence. En revanche, tout comme les propriétaires de véhicules à essence, les propriétaires de véhicules électriques doivent eux aussi contribuer au budget dédié à l’entretien du réseau routier, car ces derniers empruntent les mêmes routes.

Être proactif

Le plus ironique dans tout ça, c’est que les chiffres de ventes de véhicules électriques sont parmi les plus bas du Canada. Toutefois, il existe plusieurs formes de subventions très généreuses et l’offre de véhicules électriques ne cesse de s’agrandir. Ainsi, le gouvernement de la Saskatchewan prévoit une importante augmentation des ventes à ce niveau et préfère agir dès maintenant. D’ailleurs, ce n’est pas la seule mesure que le gouvernement provincial à l’intention d’instaurer. En effet. Nous avons obtenu certaines informations qui portent à croire que les bornes de recharges, elles aussi, pourraient se voir imposer une taxe supplémentaire. Lorsqu’on y pense bien, c’est un peu comme voguer a contre sens pour une ville comme Régina qui veut devenir totalement verte d’ici 2050.

Enfin, tout ça dépend de quel côté on se retrouve, car pour les propriétaires de véhicules à essence, cette mesure est probablement très logique alors que pour les propriétaires et adeptes de voitures électriques, c’est un pas dans la mauvaise direction. Posez-vous simplement la question à savoir si les véhicules électriques seraient aussi populaires sans les différentes subventions gouvernementales et vous allez comprendre que pour la majorité des acheteurs, chaque dollar compte. Sans compter que ça demande une forme d’adaptation en ce moment que de conduire un véhicule électrique, surtout dans un pays comme le Canada où le territoire est particulièrement étendu et où il n’y a pas forcément des bornes de recharges partout.

Bref, tout ça pour dire que tout ce qui touche à l’argent va rester important tant et aussi longtemps que le réseau d’infrastructures ne sera pas totalement au point dans la majorité du pays et surtout que les voitures électriques ne seront pas toutes aussi efficaces et abordables que les voitures à essence.

Un exemple à suivre ?

Cette nouvelle taxe pour les propriétaires de véhicules électriques en Saskatchewan entrera en vigueur le 1er octobre 2021 et la question qu’on se pose maintenant, c’est à savoir si d’autres provinces vont emboîter le pas elles aussi. Le Québec représente l’un des marchés les plus importants au Canada et même au monde pour les véhicules électriques. C’est d’ailleurs dans la belle province qu’on retrouve certaines des subventions les plus généreuses de l’industrie qui représente plus de 13 000$ en rabais et je ne vous parle même pas des subventions pour les bornes de recharge. Bref, on peut donc sérieusement se demander quel effet aurait sur les ventes de véhicules électriques l’ajout d’une taxe compensatoire. À titre de référence, il y a à peine 400 véhicules électriques d’immatriculer en Saskatchewan à l’heure actuelle, soit moins qu’on en retrouve sur l’ile de Montréal seulement. Si vous faites le calcul, ça représente donc une somme de 60 000$, ce qui ne risque pas de faire une grande différence sur un budget qui doit se chiffrer à plusieurs millions de dollars.



Auteur: JEAN-SÉBASTIEN POUDRIER